12 novembre 2019

Déclaration publique concernant l’accessibilité des fonds de l’initiative Spotlight

En mai 2018, le Consortium Count Me In! a adressé 18 recommandations à l’initiative Spotlight lancée par l’Union européenne et les Nations Unies. Ces recommandations s’appuyaient sur des consultations menées auprès de mouvements, d’organisations et d’activistes féministes. L’initiative Spotlight a déjà mis en place plusieurs d’entre elles, entièrement ou en partie. Par exemple, une partie des montants alloués aux pays d’Afrique et d’Amérique latine est versée par des fonds des Nations Unies au moyen d’un processus ouvert et concurrentiel ; les indications fournies aux équipes nationales et régionales et le mandat du groupe de référence mondial précisent qu’au moins la moitié des membres de chaque groupe de référence de la société civile doit appartenir à des organisations féministes et de défense des droits des femmes, et qu’une diversité de communautés doit y être représentée ; enfin, l’initiative Spotlight met au point une approche de protection intégrée afin d’atténuer les risques et d’assurer la protection et la sécurité des défenseur-e-s des droits fondamentaux des femmes qui travaillent avec Spotlight.

Tout en saluant les efforts déployés par Spotlight et conformément à l’esprit de partenariat entre la société civile et l’initiative, nous appelons aujourd’hui à reconsidérer avec attention la toute première des 18 recommandations, qui spécifie que « 50 % du financement Spotlight devrait être destiné à des organisations et réseaux féministes de défense des droits des femmes et des droits des filles […] ». Cette recommandation rappelle qu’il est essentiel de soutenir, de solliciter et de renforcer les mouvements féministes pour mener à bien la mission de Spotlight qui se fixe pour but d’éliminer la violence fondée sur le genre. L’implication des groupes de terrain dirigés par les personnes marginalisées elles-mêmes et/ou des personnes travaillant sur des points sensibles est primordiale pour parvenir à « ne laisser personne pour compte ». Pour atteindre cet objectif, des fonds doivent être délibérément et spécifiquement alloués aux organisations et groupes féministes locaux et issus du terrain.

En 2019, des équipes de pays et des fonds des Nations Unies ont déployé l’initiative Spotlight en Afrique subsaharienne et en Amérique latine. Malheureusement, certains aspects de la mise en œuvre limitent la capacité des organisations de défense des droits des femmes à accéder aux fonds, particulièrement pour celles qui travaillent sur le terrain. Ce manque d’accessibilité compromet la réalisation de l’objectif de Spotlight qui vise à « ne laisser personne pour compte », mais aussi sa mission générale d’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles.

  1. Coût excessif des processus de candidature

Dans certains cas, comme l’appel à propositions pour l’initiative Spotlight lancé par le Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes (« Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies ») pour l’Amérique latine et l’Afrique subsaharienne, les candidats devaient soumettre une note conceptuelle détaillée, un budget, des documents d’enregistrement légal, des états financiers certifiés et des rapports d’audit organisationnels concernant jusqu’à trois exercices. Tous ces documents étaient nécessaires rien que pour déposer une candidature, et devaient ensuite être complétés par des propositions complètes. De telles exigences imposent un fardeau excessif pour les petites et moyennes organisations qui possèdent rarement du personnel dédié au dépôt des demandes de subventions et doivent parfois suspendre les activités de leurs programmes pour préparer ces candidatures longues et complexes.

De plus, le fonctionnement du système de candidature en ligne le rendait difficile d’accès. Par exemple, les candidats n’avaient pas de visibilité sur les étapes de la procédure et ne pouvaient donc pas se préparer efficacement. En cas d’erreur lors de la saisie de la demande, le système ne précisait pas quelles étaient les erreurs, ce qui obligeait le candidat à les trouver pour pouvoir les corriger. En raison de problèmes propres au système, les candidats ne pouvaient pas télécharger leur projet de candidature, qui leur était pourtant nécessaire pour collaborer avec leurs organisations partenaires.

  1. Brièveté des délais des demandes de financement

Dans le cadre de l’initiative Spotlight, chaque appel à propositions publié par le Fonds pour les femmes, la paix et l’action humanitaire pour six pays d’Afrique n’est resté ouvert qu’un seul mois. L’appel du Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies fixait un délai de trois semaines pour le dépôt des notes conceptuelles détaillées, à la suite de quoi les candidats disposaient à nouveau de seulement trois semaines pour soumettre leurs propositions complètes. Dans le cadre du programme de pays de l’initiative Spotlight au Malawi, ONU Femmes a publié un appel à propositions qui imposait aux candidats de soumettre leur dossier de candidature et ses six formulaires obligatoires dans un délai de deux semaines seulement. Ces quelques exemples démontrent la brièveté des délais de soumission imposés dans la mise en œuvre de l’initiative Spotlight.

Compte tenu de ces délais serrés, les organisations ne disposent pas du temps nécessaire pour préparer les dossiers de candidature complexes qui sont demandés pour les appels à propositions des Nations Unies. Ces difficultés sont particulièrement fortes pour deux types d’organisations : d’une part, celles qui souhaitent s’associer pour préparer des candidatures conjointes, car les multiples discussions et réunions préparatoires prennent du temps, et d’autre part, celles qui ne possèdent pas de personnel dédié et spécialisé pour préparer des candidatures complexes, ce qui est le cas de la plupart des organisations féministes locales et issues du terrain. L’allongement des délais permet à un plus grand nombre d’organisations de se porter candidates, tout en leur laissant le temps de préparer des dossiers solides.

  1. Impossibilité pour les organisations non enregistrées de demander des financements

De nombreux obstacles peuvent bloquer l’enregistrement des organisations. À titre d’exemple, le processus d’enregistrement peut être trop complexe ou trop coûteux ; l’enregistrement peut mettre en danger les employés, les bénévoles et les membres de l’organisation lorsque le climat social est hostile ; les régimes appliquant des lois restrictives peuvent refuser d’enregistrer les organisations qui travaillent avec des populations criminalisées, comme les travailleur-euse-s du sexe et les femmes queer et transgenres ; enfin, les contextes politiques hostiles freinent parfois l’enregistrement des organisations qui mènent des actions de plaidoyer autour des droits humains.

Les appels à propositions publiés par le système des Nations Unies dans le cadre de l’initiative Spotlight n’autorisent pas les organisations non enregistrées à déposer une candidature. Pour participer, ces organisations sont obligées de s’associer à une organisation enregistrée. Or, comme indiqué ci-dessus, la brièveté des délais de soumission imposés par Spotlight ne favorise pas les candidatures conjointes. De telles pratiques excluent les organisations qui accomplissent un travail important sur le terrain pour éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles. Afin de renforcer les efforts en ce sens, il est important d’adopter des pratiques de financement créatives et flexibles, tout en cherchant activement des solutions pour soutenir les organisations de terrain non enregistrées.

  1. Interdiction de réoctroyer les fonds de l’initiative Spotlight

Les fonds pour les femmes mobilisent des ressources dans le but de soutenir le travail primordial accompli par les mouvements qui luttent pour les droits des femmes et l’égalité des sexes. Ces mouvements sont donc des partenaires clés pour financer les efforts visant à éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles. Ils peuvent notamment financer des organisations de terrain, des organisations non enregistrées et des organisations innovantes en réoctroyant les fonds par le biais d’appels ouverts et concurrentiels. Collaborer avec ces organisations pourrait fortement renforcer la portée des fonds de l’initiative Spotlight.

Cependant, les appels à propositions publiés par le système des Nations Unies dans le cadre de l’initiative Spotlight n’autorisent pas les candidats à réoctroyer les fonds. Alors que les Nations Unis encouragent les fonds pour les femmes à se porter candidats, les appels lancés par le Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies et le Fonds pour les femmes, la paix et l’action humanitaire les freinent dans cette démarche, car ils les contraignent à présélectionner des partenaires bénéficiaires pour déposer une candidature conjointe. Cette approche est contraire au mode de fonctionnement des fonds et montre une méconnaissance de la façon dont ces institutions soutiennent les mouvements de défense des droits des femmes. De plus, comme indiqué ci-dessus, les délais de soumission fixés par Spotlight ne favorisent pas les candidatures conjointes.

  1. Accessibilité linguistique

Les documents relatifs aux programmes, les appels à propositions et les autres supports de l’initiative Spotlight ont été traduits dans quelques-unes des langues les plus parlées dans les pays cibles de l’initiative. Par exemple, les appels à propositions du Fonds pour les femmes, la paix et l’action humanitaire pour le Burundi et la RDC étaient disponibles en français, et l’appel à propositions du Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies l’était en français, en anglais et en espagnol. Toutefois, au Mozambique, pays cible, la langue officielle est le portugais, et l’arabe est l’une des deux langues officielles du Tchad. Pour que les appels à propositions soient accessibles au plus grand nombre d’organisations, il est important de les publier dans toutes les langues les plus répandues dans les pays cibles.

Recommandations

Spotlight a exprimé son intention de placer la société civile au cœur de l’initiative, notamment aux échelons de gouvernance, de prise de décision, de conception, de mise en œuvre et de suivi. Alors que la mise en œuvre se trouve à un stade crucial, il est important que l’initiative adopte et exécute des processus mûrement réfléchis qui accordent une place centrale à ses principaux partenaires de la société civile, à savoir les organisations féministes et de défense des droits des femmes, et notamment les groupes féministes locaux et issus du terrain. Afin de soutenir et de renforcer les mouvements féministes et de défense des droits des femmes et d’impliquer efficacement les organisations et groupes féministes locaux et issus du terrain, nous recommandons à l’initiative Spotlight de :

  • Simplifier les procédures de candidature et de compte rendu, à tout le moins pour les petites subventions, de telle sorte que les fonds de l’initiative Spotlight soient accessibles aux organisations et groupes féministes et de défense des droits des femmes locaux ou issus du terrain et de petite et moyenne envergure.
  • Veiller à ce que les délais de dépôt des demandes de financement soient suffisamment longs pour permettre la participation des organisations ayant peu de moyens – soit au moins huit semaines.
  • Dans le même esprit, veiller à ce que les délais fixés pour les autres processus, comme la participation aux consultations, l’intégration dans les groupes de référence et la formulation de commentaires sur les documents des programmes, soient également raisonnables et assez confortables pour que les organisations de défense des droits des femmes puissent s’impliquer.
  • Faire participer utilement tout l’écosystème des mouvements de défense des droits des femmes, y compris les organisations non enregistrées et les fonds pour les femmes, et leur donner accès aux fonds de l’initiative Spotlight.
  • Veiller à ce que les appels à propositions soient accessibles dans toutes les langues les plus répandues dans les pays cibles.

 

ADHÉRER À CETTE DÉCLARATION

Signature :

 

Organisations

  1. A.FE.SO.D.D, République Démocratique du Congo
  2. ABAAD-Resource Center for Gender Equality, Lebanon
  3. Action Canada for Sexual Health and Rights, Canada
  4. Action pour l'Education et la Promotion de la Femme (AEPF-Tchad), Tchad
  5. Action pour la Lutte Contre l'Injustice Sociale (ALCIS), République Démocratique du Congo
  6. Actions des Femmes Engagées pour le Développement Intégral, République Démocratique du Congo
  7. Actions des Femmes Solidaires pour les Droits et le Developpement, République Démocratique du Congo
  8. Advocacy for women with disabilities initiative, Nigeria
  9. African Association for Prevention of Elders and Child Abuse (AAPECA), Nigeria
  10. AFVMC Assistance to Families and Victims of Clandestine Migrations, Cameroun
  11. Akahata A.C., Argentina
  12. AMNB- Articulação de Organizações de Mulheres Negras Brasileiras, Brasil
  13. Articulação Nacional de Profissionais do Sexo, Brasil
  14. Asociación Calidad de Vida, Honduras
  15. Asociacion de Lesbianas de El Salvador, ALESLAVINIA, El Salvador
  16. Asociación de Mujeres Trabajadoras Sexuales del Paraguay "Unidas en la Esperanza - UNES", Paraguay
  17. Asociación de mujeres ts Liquidámbar, El Salvador 
  18. Asociación Movimiento de Mujeres por Nuestros Derechos Humanos-MOMUNDH, Nicaragua 
  19. Association de Défense et de Promotion des Populations autochtones, République du Congo
  20. Association Papillon Libre, Guinée 
  21. Astraea Lesbian Foundation for Justice, United States
  22. Awaken Resistance, Singapore
  23. Baku Volunteer Center, Azerbaijan
  24. Bangladesh Institute of Human Rights, Bangladesh 
  25. Bella Foundation for Child and Maternal Care, Nigeria
  26. Breakthrough Trust, India
  27. Bulgarian Fund for Women, Bulgaria
  28. Calala Fondo de Mujeres, Spain
  29. CEFEMINA, Centro Feminista de Informacion y Accion, Costa Rica
  30. Center for Women's Global Leadership, USA
  31. Center Women and Modern World, Azerbaijan
  32. Centre for Liberian Assistance, Liberia
  33. Centro de Derechos de Mujeres, CDM, Honduras
  34. Centro de Promoción de la Mujer del Norte, Perú
  35. Centro de Promoción en Salud y Asistencia Familiar, Honduras
  36. CHRISTAD ASBL, République Démocratique du Congo
  37. Coalition of Women Living with HIV and AIDS (COWLHA) Malawi
  38. Colectivo Nacional de Mujeres Trenzadas Somos Mas ´Fundacion Arco Iris Iglo XXI, Colombia
  39. Collectif des Femmes du Mali (COFEM), Mali
  40. Community Teen Foundation, Nigeria
  41. Cuts - Central Única de Trabalhadoras e Trabalhadores Sexuais, Brasil
  42. Development Initiative for Community Impact, Nigeria
  43. Dimbaza Victim Empowerment Centre, South Africa
  44. Doxa Youth Programs & Family Care, South Africa 
  45. East Eagle Foundation, République Démocratique du Congo
  46. Els Gandal, Mali
  47. Ensemble pour la Paix et l'Encadrement de la Femme en Milieu Rural, EPEFMR ONGDH, République Démocratique du Congo
  48. Equality Fund, Canada
  49. Facilitation for Integrated Community Rural Development, Uganda
  50. FACOD ORGANIZATION, KENYA
  51. Family Rights, Elderly and Child Protection (FRECHIP), Malawi
  52. Federation of Filipino Association in Amman (FEFAA), Jordan
  53. FEJOYCE (OTOUNGA Micheline Georgina), Gabon 
  54. Feminist Solutions towards Global Justice, USA
  55. Femmes et Éducation des Adultes (FEDA), République Démocratique du Congo
  56. Fiji Women’s Fund, Fiji
  57. filia.die frauenstiftung, Germany
  58. FOKUS -Forum for Women and Development, Norway
  59. Fondation WETU MAMA International, République Démocratique du Congo
  60. Fondo Centroamericano de Mujeres, Nicaragua
  61. Fondo de Acción Urgente de América Latina, Colombia
  62. Fondo de Mujeres del Sur, Argentina
  63. Fondo Lunaria, Colombia
  64. Fondo Semillas, México
  65. For Gender Integration Association, Albania
  66. Fundacion angelica quinta, El Salvador
  67. Fundacion Arcoirirs por el respeto a la diversidad sexual, México
  68. Fundo ELAS, Brasil
  69. GFA (Groupe Femmes Autochtones), République Démocratique du Congo
  70. Girasoles Nicaragua
  71. Global Welfare Association (GLOWA), Cameroun
  72. gnc urban and rural development association of zimbabwe, ZIMBABWE
  73. Good Health Community Programmes, Kenya
  74. Grupo de Mulheres Negras Nzinga Mbandi, Brasil
  75. Gulf Centre for Human Rights (GCHR), Lebanon
  76. Haus of Khameleon, Fiji
  77. Initiative for Sexual Reproductive Health and Rights Awareness(ISRHRA), Nigeria
  78. International Indigenous Women's Forum-FIMI, Global
  79. Internet Democracy Project, India
  80. Itohan Hope Rising Foundation, Nigeria
  81. Jeunesse Congolaise pour les Nations Unies, République du Congo
  82. JUMUIYA WOMEN FUND, KENYA
  83. Justice Makers Bangladesh, Bangladesh 
  84. Kadiwaku Family Foundation, République Démocratique du Congo
  85. Linda Oluwabunmi Foundation (LOF), Nigeria 
  86. MADRE, United States
  87. MAISHA-ONGD, République Démocratique du Congo
  88. Mariwala Health Initiative, India
  89. MenEngage Global Alliance, Nepal
  90. MOMUNDH, Nicaragua 
  91. Movimiento de mujeres angelica Quintanilla, El Salvador 
  92. movimiento de mujeres Orquideas Del mar, El Salvador 
  93. Moving The Goalposts, Kenya
  94. MOVULAC ONG, République Démocratique du Congo
  95. Muslims for Progressive Values, USA
  96. NAMHHR, India
  97. Niger Delta Abia Empowerment Society, Nigeria
  98. Odara Instituto da Mulher Negra,Brasil
  99. One More Percent, Kenya
  100. ONG Coeur Citoyen, Niger
  101. Open Stadiums Iranian women movement to open sport stadia, Iran
  102. Organisation Internationale des Femmes du Millénaire Tchad Tel. 00235 66299921, Tchad
  103. Pacificwin
  104. Pakasipiti Zimbabwe
  105. PROMSEX, Centro de Promocion y Defensa por los Derechos sexuales y Reproductiuvos, Perú
  106. Radio Souriat, Syria
  107. Red de Mujeres Trabajadoras Sexuales de Latinoamérica y el Caribe (RedTraSex), Argentina
  108. Rede Nacional de Mulheres Negras no Combate á Violência - Brasil
  109. Reseau des Organisations de la Jeunesse Afrcaine Laeders des Nations Unies pour l'atteinte des Objectifs de Developpement Durable (ROJALNU.ODD/Niger)
  110. Resilient Women's Organization, Uganda
  111. Rozaria Memorial Trust, Zimbabwe
  112. Shanduko Yeupenyu Child Care, Zimbabwe
  113. Stoop To Rise Initiative, Nigeria
  114. Sukaar welfare organization, Pakistan 
  115. Support for Women and Youth in Development Network, Uganda 
  116. The Red Elephant Foundation, India
  117. Uganda Woman For Water and Sanitation, Uganda 
  118. Umuryango Nyarwanda w'Abagore Bafite Ubumuga/UNABU, RWANDA
  119. Universal Versatile Society, India
  120. Voces de la Ausencia, México
  121. Volontaires d'Autopromotion Solidaire, “VAS", République Démocratique du Congo
  122. Womankind Worldwide, UK
  123. Women Co-operation Forum Pyuthan, Nepal
  124. Women Coalition for Agenda 2030, Cameroun
  125. Women First International Fund, United States of America
  126. Women for Equity Initiative, Nigeria
  127. Women in Distress Organisation, Nigeria 
  128. Women's Resource Center, Armenia 
  129. WomenSpace Trust, ZIMBABWE
  130. XOESE, The Francophone Women's Fund, Togo
  131. Zanzibar Peace, Truth & Transparency Association (ZPTTA NGO), Tanzania

 

Individuals

  1. Aayush Rathi, India
  2. abdelhakeem shebani, Palestine
  3. Amakobe, Kenya
  4. Amanda Mercedes Gigler, Netherlands
  5. Amb.Leonard R, Nigeria
  6. Amber Brandner, USA
  7. Ana Cernov, Brazil 
  8. Ana Maria de Figueiredo, Moçambique
  9. AYEDE Kafui, Togo
  10. AZANLIN Béralde Charbelle A., Benin
  11. Beatrice Mateyo, Malawi
  12. Ben Swanton, Australia
  13. Bonney Corbin, Australia 
  14. Carine MUBAKE, République Démocratique du Congo
  15. carlota inhamussua, Moçambique
  16. Carmen da Silva Wells, Netherlands
  17. Cerue Konah Garlo, Liberia
  18. christine, France
  19. Christine NDOMBI MAYINGA, République Démocratique du Congo
  20. Colleen Rogers, South Africa
  21. Cynthia Rothschild, USA
  22. Delia Leertouwer, The Netherlands 
  23. Diana Soares, Brasil
  24. Douglas Antonio Mendoza Urrutia, Nicaragua
  25. Dr Chris Ugwu, Nigeria
  26. Dr. Kelly Thompson, USA
  27. Ekaterine Gejadze, Georgia
  28. Elie Losleben, New Zealand
  29. Elif Aydinligil, Turkey
  30. Erika Gabriela López Arteaga, México
  31. Erika Salinas Valadez, México
  32. Esmie Tembenu, Malawi
  33. Esther Adhiambo, Kenya
  34. Facia Harris, Liberia
  35. Fátima Valdivia, Perú
  36. Fatoumata sougoule , Guinée 
  37. Fortunatus Fungatwende, Tanzania
  38. Françoise Kpeglo Moudouthe, Cameroun
  39. Frida Guerrera, México
  40. Getasew Nigussie, Ethiopia
  41. Gloria Careaga-Perez, México
  42. Grace John Kenyi Geri, South Sudan
  43. Gul Jahan Ahmad, Afghanistan
  44. H.R. Lammers, The Netherlands
  45. Halima Abdelrahman, Sudan
  46. Hazel Gloria Virginia Davenport Fentanes, México
  47. Hilde Kroes, Netherlands
  48. Iman, Somaliland
  49. Ireen Dubel, Netherlands
  50. Irené Barrantes Jiménez, Costa Rica
  51. Irma A. Velásquez Nimatuj, Guatemala
  52. irma kituku, Kenya
  53. Janet Price, UK
  54. Jean Luc LIKILO BOSONGOSONGO, République Démocratique du Congo
  55. Joseph Saidi, République Démocratique du Congo, Sweden
  56. Julia Gataulina, Russian Federation
  57. Juliana Okoh, Nigeria
  58. Kathy Durand, Canada
  59. Katusiime Mary Elizabeth, Uganda
  60. Larissa Arroyo Navarrete, Costa Rica
  61. Latoya Nugent, Jamaica
  62. Liesl Theron, South Africa
  63. Lizbet Sánchez Licea, México
  64. Lucy Ambler, UK
  65. María José Chaves Groh, Costa Rica
  66. Miguel Blanco, Argentina
  67. Miriam Semisi, Fiji
  68. Miriam Viridiana Verástegui Juárez, México
  69. Morgane Boëdec, France
  70. Natalie Abad Rosales, Perú
  71. Newman Tekwa, Zimbabwe
  72. Nita, Netherlands
  73. NYENAMA Cathérine, Burundi
  74. Paula Ponkanen, Finland 
  75. Rachael Misan-Ruppee, Nigeria
  76. Rona Donefer, Canada
  77. Rosa Alma Ramos, San Salvador 
  78. Roxana Hidalgo Xirinachs, Costa Rica
  79. Salima Bacchus-Hinds, Guyana
  80. Shaheeda Fryddie, South Africa 
  81. Shamah Bulangis, Philippines
  82. Sharmin Sultana, Bangladesh
  83. Steff Zeuner, Germany
  84. Sunitha BJ, India
  85. Tatenda Nzinga Muranda, South Africa/ Zimbabwe
  86. Thembani Gqiba, South Africa 
  87. Tumie Komanyane, South Africa 
  88. Vanessa B. Ward, New Zealand
  89. Vidyaratha Kissoon, Guyana
  90. Wamba André Le Doux, Cameroun
  91. Wezi Moyo, Malawi

Partager cet article